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Revue de presse: « WESH GROSSE », nous pratiquons tous la grossophobie ordinaire

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Fidèles à nos intuitions féminines, quelque chose nous dit que les grands sujets ne font pas toujours les gros titres. Checkées et sélectionnées pour vous, voici notre revue de presse pour rattraper les infos que vous avez peut-être manquées au mois de juin.

Le débat du mois 

Attends mais t’as vu son cul ?! Non mais toi ça te va bien !

Sous couvert de bienveillance, le réflexe grossophobe est très présent une fois qu’on sait y faire attention. Mais il est d’autant moins évident à déceler qu’il est en général dépourvu de réelle mauvaise intention. Ainsi tout comme le sexisme ordinaire, on pratique tous la grossophobie ordinaire. Et cela commence à s’entendre.

Eh bien pour répondre à @JackdEliz et à tous ceux qui auraient le mérite de se le demander, voilà ce que l’actualité nous en a dit. Sur le devant de la scène la sortie du livre de Gabrielle Deydier, On ne naît pas grosse (Ed. Goutte d’Or). Son interview pour Les Intelloes est à lire ici !

Au restaurant, à la piscine, aux réunions de famille,  dans le monde médical, à la salle de sport,… La liste des terrains propices aux remarques grossophobes est longue.

Pour preuve cette chronique un poil troublante publiée le 19 juin dernier. Isabelle Falconnier, qui fréquente elle même une salle de fitness, déplore les stéréotypes qu’on nous y impose « Sur ces écrans défilent non-stop des filles sublimes en maillots de bain ou sous-vêtements sexy. » La question posée ensuite n’est pas idiote : en terme de motivation, « vaut-il mieux montrer l’image de ce que l’on veut atteindre, ou de ce que l’on veut fuir ? »

Jusque-là, on est plutôt d’accord. Mais on se demande ce qui lui a pris ensuite : « Moi, je veux voir du thon, de la grosse femme obèse aux cheveux gras, de la cellulite en plaque, des bourrelets en pagaille, des boudins insortables quand je pédale en suant. »

Et c’est là que l’exemple même du phénomène nous saute à la figure. On ne pense pas que c’est méchant, on croit même savoir ce qu’elle a voulu dire et on conclura que c’est maladroit. En fait sans exagérer, c’est surtout hyper violent vu sous un autre angle.

Et dans le monde médical aussi, vraiment ? Eh oui là aussi, évidemment.

L’ayant vécu, Lisa Backx le raconte très bien. « Pour beaucoup de médecins, être grosse est le diagnostic de beaucoup de choses » . Une fausse couche ? « Vous avez perdu ce bébé car vous êtes en surpoids« . Accoucher sans péridurale ? « C’est impossible d’accoucher sans, quand on est grosse » . Et de toutes façons, « on ne devrait pas faire d’enfant quand on est aussi grosse ! Haha ! »

Au-delà des insinuations de la part des médecins, des magazines et des inconnus en général, il faut en plus encaisser celles des proches. Finalement ce sera donc tous les jours. Et à la pelle. Car une mère, un médecin, une super pote, ou n’importe quelle autre personne se pensera toujours assez légitime pour y aller de sa petite remarque.

Les fautifs ne sont pas les gros bien sûr, pas même ceux qui pour la plupart les méprisent sans savoir. Le réel problème, à vrai dire, c’est ce foutu poids de la norme et de l’ignorance que l’on décline bêtement à l’infini.

À présent, cher(e?) @JackdEliz, si les témoignages ne vous ont pas permis de mieux comprendre ce qu’est la #grossophobie, on vous conseille ce super article. Après ça le sujet ne devrait plus avoir de secret pour vous.

Tss tss non, ne nous remerciez pas. Ça nous fait plaisir.


Révolution éducative, jouissance technique et nouvelles cruautés amoureuses…

 Le reste de l’actu qui nous a rassemblés en ce mois de juin.

  • La conversation que vous devez avoir avec votre fils à propos du viol

Car toutes les jeunes filles ont entendu de leurs parents « Fais attention quand tu te balades le soir », « Tu ne devrais pas t’habiller comme ça » , « Surveille bien si personne n’a versé quelque chose dans ton verre » ou « Ne monte pas dans la voiture d’un inconnu » .

« Cet endoctrinement peut se résumer ainsi : c’est aux femmes de se protéger du viol, des agressions, du harcèlement, car les hommes étant ce qu’ils sont certains ne peuvent pas s’en empêcher« , peut-on lire dans cet article du HuffPost qui est une pépite à transmettre.

Inverser la tendance, éduquer nos jeunes garçons à agir contre le sentiment d’insécurité des femmes n’est pas un délire féministe. C’est une démarche indispensable et un enjeu titanesque pour changer le cour de l’Histoire.

  • « On m’a juste appris à désirer être désirée »

« Tu m’excites » , « T’es bonne » , « Tu me fais bander ». Et si ces remarques faisaient passer au second plan voire étoufferaient la réflexion des femmes sur leurs propres désirs ? Tiens tiens.

« Tu découvres le féminisme, la culture du viol, le consentement, la demi sexualité, l’asexualité, l’hétéronormativité, le patriarcat et ses injonctions sournoises, et tu réalises tout le poids qui était sur tes épaules, tout ce que tu avais intégré sans t’en rendre compte. Ça te tombe dessus. Tu apprends plein de choses, déconstruis des croyances, et maintenant, tu sais ». Un texte bien utile par sa capacité à nous faire réfléchir. Patriarcat quand tu nous tiens…rends nous notre épanouissement sexuel. À lire sur Roseaux.co

  • Quand se faire languir avec des mots devient has-been

« Les réseaux sociaux, certains sites et autres applis sont ultra intrusifs. Et génèrent un tas de petites ou grandes cruautés amoureuses. Enfin des cruautés… On pourrait presque toutes les regrouper en une seule : l’autre continue d’exister en dehors de vous. »

Le texto marqué « lu » mais resté sans réponse, la petite bulle avec trois petits points qui vous indique que l’autre et en train de vous écrire puis plus rien, un like qui disparaît…ça vous parle ?

Cet article décrit huit tortures mentales d’un genre nouveau, qui redistribuent les cartes de nos frustrations affectives. A lire sur le site du NouvelObs.

  • Un sujet qui tache

« L’hémoglobine dégouline dans les polars, dans les romans noirs, le sang des guerriers jaillit dans les livres historiques, mais lorsqu’il s’agit de celui du ventre des femmes, peu de plumes au rendez-vous. »

Dans cet article, l’auteure Adeline Fleury présente 6 livres destinés à nous faire réfléchir sur cet incompréhensible « mutisme culturel« .

« Car c’est bien d’une histoire du féminisme dont il est question en filigrane. Parler de ses règles est une façon de s’affranchir, de libérer la parole féminine et d’expliquer au monde : ‘Oui je suis une femme et oui j’ai du sang qui coule entre les jambes.’  » Merde. À lire sur le site Bookwitty.com

Du SEXE ! 

  • Faire jouir une femme : une science… presque exacte

« Pour faire jouir une femme, c’est la diversité des pratiques qui fonctionne le mieux. »

« 50 % des femmes s’étant ‘contentées’ d’une pénétration vaginale avaient joui lors de leur dernier rapport sexuel… contre 73 % de celles qui avaient cumulé pénétration vaginale et stimulation manuelle. Ajoutez encore du sexe oro-génital pour un combo cunnilingus + caresses + pénétration, et vous obtenez 86 % de jouisseuses. »

Humour et jouissance militante, voilà qui devrait nous donner l’envie de varier les plaisirs.

Maïa Mazaurette, encore et toujours, à lire sur le site du Monde.

  • Il n’y a pas de honte à se faire du bien

« Si beaucoup de gens aiment ‘passer les doigts dans les cheveux bouclés et lavés de Chéri lors d’un petit missionnaire des familles’, d’autres préfèrent ‘renifler l’odeur des prouts d’Amour’ »…

Cinq femmes parlent ainsi de ces choses surprenantes qui les excite. Et on est entre nous hein, à bas les tabous !

Des confidences décomplexées à lire sur le site de Madmoizelle.

 

…En attendant le mois prochain, gardez les yeux ouverts et l’esprit affranchi !

 

CG.

 

 

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