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La vie cachée de Justine, journaliste et photographe de soirées libertines

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Maman célibataire de 39 ans, Justine est journaliste. Elle est aussi photographe dans des soirées libertines, une activité dont son entourage n’a pas connaissance. Aux Intelloes, elle a accepté de parler de sa vie cachée.   

J’ai 39 ans, mais je suis née à 30 ans. C’est l’âge auquel ma vie sexuelle a commencé. Auparavant, ma libido était totalement bridée par une pilule, depuis mes premiers rapports jusqu’à la trentaine. Lorsque j’ai arrêté ma contraception, je me suis “réveillée”. Je venais de tomber enceinte de mon deuxième enfant, mes hormones étaient en ébullition. J’ai eu envie d’un autre homme que mon mari, celui avec qui j’avais vécu pendant longtemps mais qui ne me faisait pas d’effet. Après notre séparation, je me suis retrouvée seule avec mes deux enfants. Le dernier n’avait pas un an.

Cela fait maintenant quelques années que je suis divorcée. Je suis journaliste. Très sociable, je n’ai jamais cherché du boulot, j’ai toujours trouvé mes jobs grâce à mes contacts. Sans être hyperactive, j’ai tendance à m’ennuyer facilement. J’ai besoin d’être sur le terrain. J’ai obtenu deux baccalauréats, un dans une filière scientifique et un autre littéraire.

« Je raconte des bobards »

J’ai toujours aimé prendre des photos. Petite, je passais de longs moments à observer mon environnement, ce qui agaçait ma mère. J’ai d’abord adoré les photos de paysages, puis les portraits. Avant de devenir photographe dans les soirées libertines, j’avais très envie de faire des photos de nus. Aujourd’hui, seuls quelques amis sont au courant de mon activité. Le père de mes enfants, n’en a pas connaissance, mes parents et ma sœur non plus. Au boulot, quand on me demande ce que j’ai fait pendant le week-end, je réponds aux collègues ouverts d’esprit que j’ai photographié des couples dans des soirées libertines. Aux autres, je raconte des bobards.

J’ai commencé cette activité il y a trois à quatre mois. Quant au milieu libertin, je le fréquente depuis deux ans et demi. A l’époque je voulais m’amuser. J’avais une relation avec un garçon marié qui voulait faire un plan à trois. Je me suis donc inscrite sur netechangisme.fr (aujourd’hui Wyylde, ndlr), pour trouver une partenaire. Sur ce site, je me suis fait des copines. Puis on m’a présenté un des plus grands organisateurs de soirées libertines à Paris. Il m’a proposé de faire des photos pour ses événements très chics, organisés dans des immenses apparts luxueux loués sur Airbnb pour le week-end. Il n’avait jamais travaillé avec une femme photographe. J’ai accepté, mais il me fallait du matériel: un bon flash car la lumière est très tamisée, ainsi qu’un nouvel objectif.

« J’avais peur de déranger »

Pour la toute première soirée, j’ai donc emprunté le matériel d’un ami et j’ai refusé qu’on annonce officiellement ma présence. Je voulais que tout se fasse naturellement. Nous étions deux photographes. Mon appareil était énorme, il pesait lourd, j’avais super chaud ! Comme j’avais déjà participé à ces soirées, je savais que la présence d’un photographe ne dérangeait pas forcément, les participants sont habitués. Cependant, faire l’amour dans une pièce avec des gens tout autour, d’autres qui regardent et un photographe en prime, ça fait beaucoup! Je n’osais pas me mettre à côté des couples pour les photographier, j’avais peur de les déranger. De plus, je ne voyais pas grand-chose dans la pénombre! Malgré tout cela, j’ai obtenu de beaux clichés.

Maintenant, je sais que ça amuse les gens d’être pris en photo. La plupart ne disent rien. D’autres me font comprendre par un signe de tête qu’ils ne veulent pas, ou me fusillent du regard. Certains me font au contraire des appels du pied en prenant carrément la pose. Comme cette femme en lingerie affriolante qui une fois m’a proposé de me joindre à elle et son mari une fois ma séance terminée. Il y a toujours un moment où je commence à m’ennuyer, et je pose mon appareil en soirée pour aller m’amuser.

Regard de femme photographe

A mon avis, il y a toujours quelque chose de beau chez les gens. J’aime immortaliser leur attitude, leur regard provocateur, faire ressortir un trait de caractère. Le regard de la femme photographe derrière l’objectif est nettement perceptible dans ce genre de soirée, en opposition avec celui de l’homme. Le mien est sensuel et suggestif. Mes collègues vont, eux, capturer des images plus crues, mais aussi des scènes globales, avec des détails. Le résultat sera beau, mais différent du mien, que certaines femmes libertines apprécient. D’autre part, certains photographes ne mettent pas les corps en valeur. J’ai déjà jeté à la poubelle des photos de moi prises en soirée libertine car je les trouvais laides !

Aujourd’hui, je fais quelque chose que j’adore. Faire de la photo dans ces conditions, c’est un véritable exercice ! Je paye quand même l’entrée aux soirées, même si je bénéficie de tarifs réduits.

Je m’amuse plus à prendre des photos en soirée libertine qu’à y participer. Photographier un beau paysage, c’est juste à couper le souffle. Regarder une belle femme nue en soirée, c’est tout aussi beau!

« Pas certaine d’être capable d’arrêter »

Il y a beaucoup de couples qui souhaitent immortaliser leurs ébats en shooting photo, ce qui me permettrait d’avoir des clients. Mais pour l’instant, je ne le fais pas car je n’ose pas me vendre en tant que photographe professionnelle

J’aimerais aussi rencontrer quelqu’un et m’engager dans une relation stable. Je me suis toujours dit que le mieux était d’avoir un seul type avec qui s’éclater. Dans les soirées, j’arrive seule, mais je rentre seule, aussi. Ca commence à peser. Mais le jour où mon compagnon découvrira que je fais des photos de cul dans des soirées libertines, comment réagira-t-il? Je serais prête à stopper les soirées si c’était nécessaire ; ce n’est pas une drogue pour moi, je ne suis pas libertine dans l’âme. Cependant, je ne suis pas certaine d’être capable d’arrêter les photos.

Les photos de Justine

Les photos de Justine

J’aime les lumières tamisées, les photos à l’aspect vieilli, les contrastes ombres-lumières. Cela rejoint l’idée de suggestion. Les photos de Ressan, auteur du Paris libertin, m’ont clouées. Elles me parlent, les ambiances sont belles, sensuelles, excitantes. Ce n’est jamais trash, c’est du haut niveau.

La meilleure soirée photo de Justine

L’endroit était vraiment petit, la lumière était très faible, l’étage en mezzanine. Cependant, les photos étaient chouettes. J’ai trouvé ce que je cherchais: des détails, des courbes.

Ma première soirée libertine

Ma première soirée libertine a été mémorable. Les organisateurs avaient choisi le thème “pute”, c’était ridicule! Je suis arrivée habillée comme une nonne alors que les femmes étaient à moitié à poil. Assise dans le canapé, j’avais une paire de fesses, ou une chatte dans le visage. Je me suis sentie coincée dans ma robe Ekyog, j’étais hyper mal à l’aise. Je pensais : “c’est quoi ce délire?”. Au final, je me suis amusée avec un type qui m’avait tapé dans l’œil dès mon arrivée. Même si je trouvais l’attitude de certains très vulgaire, j’y suis retournée car les gens étaient gentils.

Dans ces soirées, la femme est “reine”, elle a juste un regard ou un geste à faire, et elle peut tout arrêter.

Propos recueillis par Ann-Laure Bourgeois

 

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