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Sélection littéraire de mars : quatre livres à savourer

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Les Intelloes ont sélectionné pour vous quatre ouvrages à lire au mois de mars. Essais et nouvelles féministes, roman étonnant et manuel de grammaire pour se divertir et en apprendre toujours plus.

ROMAN. Les Orphée d’Éric Metzger

Les Orphée d'Eric Metzger

© éditions Gallimard

Une claque monumentale. Pour son troisième roman, Éric Metzger propose de suivre le parcours de Louis et Orphée. L’un représente le jour, le second la nuit. Un jour, Louis qui est journaliste achète un téléphone à cadran dans une brocante. Il se trouve que l’objet peut appeler dans le passé. Il compose alors le numéro du domicile de son enfance afin de joindre son père décédé il y a une quinzaine d’années.

Orphée est un homme de 31 ans qui vit la nuit. « C’est un prénom de nuit qu’il s’est choisi par goût du drame et de l’Enfer. » Il cherche sans cesse son Eurydice, « qui ne s’appelle pas Eurydice », dans les clubs de nuit parisien. Toujours accompagné de ses acolytes aux prénoms issus de la mythologie, il boit et drague, sans jamais trouver le véritable bonheur. Orphée est peut-être un poète incompris ou un simple homme en mal d’amour.

Les Orphée est un roman bien mené qui laisse sans voix.

Les Orphée, Éric Metzger, éditions Gallimard, paru le 8 février 2018, 128 pages, 12 euros 50.

 

ÉDUCATION. Manuel de grammaire non sexiste et inclusive de Michaël Lessard et Suzanne Zaccour

Manuel de grammaire non sexiste et inclusive

© éditions Syllepse

Venu tout droit du Canada, le Manuel de grammaire non sexiste et inclusive nous démontre à quel point la langue française fait des différences qui peuvent pénaliser les femmes et nous propose des outils pour se débarrasser de ces injustices. Michaël Lessard et Suzanne Zaccour  rappellent au passage que la masculinisation des phrases a été pensée entre le XVIème et le XVIIIème siècle. Il en va de même pour la disparition de la féminisation des métiers, à coups d’arguments plus ou moins solides. « Par exemple,  le terme philosophesse a été combattu sous prétexte que l’on entendait le mot ‘fesse‘», expliquent les auteur.e.s.

Pour que « le masculin ne l’emporte plus », et que tout le monde puisse écrire de façon non sexiste, « iel » (terme usé par les auteur.e.s, contraction de il et elle) prouvent que la langue française a les moyens de changer.

Soyez-en sûr.e.s, féminiser la langue française ne la rendra pas laide. Les écrivain.e.s rappellent: « Mieux vaut une ‘mauvaise’ langue qui nous appartienne qu’une langue noble qui nous dédaigne. »

Manuel de grammaire non sexiste et inclusive de Michaël Lessard et Suzanne Zaccour, éditions Syllepse, paru en février 2018, 192 pages, 15 euros.

NOUVELLES. Rêves de femmes de Virginia Woolf

Rêves de femmes de Virginia Woolf

© éditions Folio

Les éditions Folio mettent à l’honneur la célèbre autrice anglaise Virginia Woolf en proposant un essai, ainsi qu’un recueil de six de ses nouvelles au prix imbattable de deux euros.

Dans Les Femmes et le roman, l’écrivaine s’interroge et critique vivement le système littéraire anglais du XIXème siècle. « Pourquoi, se demande-t-on, les femmes, n’ont-elles pas écrit de manière soutenue avant le XVIIIème siècle ? » La pression était telle que ces dernières préféraient se taire plutôt que d’exister à proprement parler. C’est peut-être pour cela que Virginia Woolf leur donne la parole dans ses nouvelles. Elle y démontre l’importance de se cultiver et de prendre son destin en main.

Pourtant, l’auteure reste optimiste et ses espérance se sont en parti réalisées : « Mais c’est que, sans nul doute, on anticipe un âge d’or […] où les femmes auront à leur disposition ce qui leur a été si longtemps refusé – un peu de temps libre, un peu d’argent et un lieu à elles. »

Rêves de femmes, Virginia Woolf, traduit de l’anglais par Michèle Rivoire, éditions Folio classique, paru le 1er février 2018, 144 pages, 2 euros.

ESSAIS. Égalité des hommes et des femmes de Marie de Gournay

 

Égalité des hommes et des femmes de Marie de Gournay

© Folio

Marie de Gournay est une femme de lettres des 16ème et 17ème siècle. Elle a longtemps été considérée comme la « fille d’alliance » de Montaigne car elle a bien connu le célèbre auteur, et même publié la troisième version des Essais.

Dans Égalité des hommes et des femmes, son propre essai, l’auteure développe cette notion d’égalité qui est toujours d’actualité. Elle y dénonce le mépris et le déshonneur de la société envers les femmes. Elle prêche aussi pour le dépassement du dualisme des sexes et l’accès à la liberté des femmes. « Bienheureux es-tu lecteur, si tu n’es point de ce sexe, qu’on interdit de tous les biens, l’interdisant de la liberté, qu’on interdit encore à peu près de toutes les vertus…»

Sa parole n’a été que peu écoutée à l’époque et mérite aujourd’hui d’être entendue. Attention tout de même, si le fond vous plaira, la forme reste difficile d’accès, la langue datant d’une autre époque.

Égalité des hommes et des femmes, Marie de Gournay, éditions Folio sagesses, paru le 15 février 2018, 112 pages, 3,50 euros.

Judith BOUCHOUCHA 

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