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Quatre films pornos ou érotiques à regarder pour la Saint-Valentin (et les autres jours)

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A l’occasion de la Saint-Valentin, Les Intelloes vous proposent quatre films érotiques ou pornographiques de réalisatrices qui ont choisi de mettre le plaisir féminin en avant. A regarder seul.e ou avec votre amant.e, pour une soirée riche en  découvertes. 

 

  • Le Beau Sexe de Tonie Marshall, 14 minutes. Disponible sur dorcelle.com

Le Beau Sexe est un court métrage érotique faisant partie d’une série de courts réalisés par des femmes dans le cadre du projet Second Sexe mené par Sophie Bramly et diffusé sur Canal + entre 2008 et 2009.

Tonie Marshall est une cinéaste franco-américaine connue notamment pour être la seule représentante du genre féminin à avoir remporté le César du meilleur réalisatEUR pour son film Vénus Beauté Institut. Le Beau Sexe permet donc d’avoir la vision d’une réalisatrice du cinéma « traditionnel » dans l’exercice du film pornographique.

Une belle femme blonde déambule dans Paris, nue sous son imperméable, mystérieusement  guidée par la voix de son voisin qui lui parle par… télépathie, je suppose. Au casting, on se rincera l’oeil sur le physique du très sexy Mike Angelo qui, en plus de son corps d’éphèbe, nous offre sa belle voix grave aussi sensuelle qu’intrigante et nous chuchote quelques phrases excitantes. La caméra, simple mais sensible, est proche des codes du cinéma traditionnel avec des lumières froides bien maîtrisées.

Plutôt qu’un film porno, nous sommes plus ici dans le domaine du cinéma érotique, idéal pour celles qui n’osent pas se lancer dans ce genre ou qui trouvent le X trop stéréotypé. Malgré quelques plans explicites (ah ben oui, on est pas là pour compter les lentilles tout de même), le film dégage une atmosphère sensuelle plus qu’il ne montre d’actes physiques de manière frontale. La voix off confère une tension sexy bienvenue pour celles qui jouissent aussi bien avec les oreilles qu’avec les yeux.

Note : 3/5

Joli, bien filmé, intrigant et plutôt soft, Le Beau Sexe porte bien son nom et conviendra aux débutantes du visionnage de porno. Mais à trop vouloir jouer la carte du sensuel, l’ensemble flirt parfois avec le cul-cul.

 

  • Touch Crime de Sally Fenaux Barleycorn, 14 minutes. Disponible sur le site XConfessions d’Erika Lust. 

Dans un futur proche, les contacts physiques sont devenus interdits par la loi. Un jeune couple de criminels se trouve alors incarcéré dans une prison froide et déshumanisante. Ils décident tout de même de s’accorder le temps de faire l’amour dans leur plan d’évasion (pas très malin, je vous l’accorde).

Touch Crime propose un vrai parti pris de mise en scène sans tomber dans le cheap. Cela pourrait être la version porno de la série Black Mirror. L’occasion, mesdames, de joindre l’utile à l’agréable et de regarder un film de cul en s’interrogeant sur la place du corps et l’importance du contact physique.

On assiste ici à une relation à la fois charnelle et passionnée. Oui, on peut montrer des sentiments dans le porno! Le lien entre les deux protagonistes est servi par des plans longs dégageants une certaine tendresse. Les scènes sont d’ailleurs très réalistes, loin de l’idée de performance souvent associée au genre. On contemple là de vrais corps avec quelques poils, quelques vergetures et une morphologie banale. Un beau couple de gens normaux qui baisent comme des gens normaux, en somme.

Note:  4/5

La lumière est fabuleuse. La mise en scène soignée et intime met en valeurs ce beau couple qui fait joliment l’amour. C’est même touchant, parfois, un peu. Evidemment les amateur.ices de hardcore ou de kinks hors du commun peuvent passer leur chemin.

 

Portrait de la réalisatrice Sally Fenaux Barleycorn

La réalisatrice Sally Fenaux Barleycorn

 

  • I wish I was a Lesbian par Erika Lust, 20 minutes. Disponible sur le site XConfessions d’Erika Lust. 

Ce court-métrage plaira à celles et ceux qui ont déjà fantasmé sur les ébats entre femmes, ou aux farouches adeptes du saphisme.

S’envoler vers l’Espagne, découvrir Barcelone le temps de quelques jours, le tout logée sans frais chez un couple de femmes… Une expérience intrigante qui va mener Maria à de bien belles hallucinations. Alors que l’alcool coule à flot, l’ambiance entre les trois jeunes femmes se détend, la conversation se réchauffe, et les premiers baisers s’échangent. Le couple décide alors d’initier leur invitée à quelques plaisirs féminins.

Les scènes sont tournées dans la chaleur d’un appartement confortable, conférant au film une atmosphère intimiste dans laquelle le spectateur est très vite plongé. Canapé noir et sous-vêtements blancs, Erika Lust a fait le choix d’un esthétisme tout en douceur et en contraste. La complicité gourmande du couple incite à s’identifier, soit dans celles qui prennent en main la jeune novice, ou à Maria, qui profite d’une découverte inédite.

La réalisatrice prend le parti d’un court-métrage sur le triolisme exclusivement féminin avec une caméra maîtrisée, sans extravagance, en plans serrés sur les corps de trois femmes emmêlées ensemble dans de sulfureuses caresses.

Note: 4/5 

Les scènes de I wish I was a lesbian sont charnelles et dégagent une énergie envoûtante. Le scénario est traité avec un détachement désarmant qui fait naître l’envie de s’adonner aux jeux des personnages.

 

Portrait de la réalisatrice suédoise Erika Lust

La réalisatrice suédoise Erika Lust

 

  • Spit it Up  par Adriana Eskenazi, 21 minutes. Disponible sur le site XConfessions d’Erika Lust. 

Un dîner qui s’éternise, le silence pesant d’un couple qui n’a rien à se dire à la fin d’une journée… C’est peut-être ce qui vous attend en cette soirée de Saint-Valentin. Prenez donc exemple sur Kali et Jean qui décide de tromper l’ennui en faisant monter la température. Après quelques baisers fougueux, direction des toilettes pleines de graffitis pour des étreintes dans une ambiance underground.

Comme le titre l’indique (Crache-le, ndlr.), Kali aime sentir l’écume de son partenaire sur son propre sexe, comme un doux poison qui la plonge dans l’extase la plus totale. Ce dernier s’exécute sans se faire prier, permettant à sa belle d’atteindre le stade ultime du plaisir.

La faible lumière des néons plonge le spectateur dans une ambiance tamisée, une quasi obscurité qui recouvre les peaux et qui fait progresser le spectateur vers l’atmosphère sensuelle et fiévreuse de ce corps-à-corps. La réalisatrice Adriana Eskenazi réalise un court-métrage d’un érotisme intense et cadencé servi par deux acteurs libérés et engagés dans la quête du plaisir .

Note: 3,5/5

Le décor est original, les scènes endiablées, le plaisir féminin mis en avant. Dans Spit it up, l’excitation est bien réelle, mais on regrette l’absence d’un scénario audacieux qui aurait pu explorer les désirs plus sombres des personnages.

 

Amélie Lopes et Héloïse Rakovsky 

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