Le mur des soupirs

Le soupir de Maya, 26 ans

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Je me croirais presque dans un film. Trop beau pour être vrai !

Bali, île des Dieux. En cette fin d’année 2015, après deux mois de bénévolat en école maternelle, me voilà en road trip, avec deux copines. La prochaine étape est un hôtel sur les îles Gili. C’est là qu’il est arrivé : Wiro. Des vêtements trop larges pour son corps grand et mince, la peau bronzée par un soleil quasi constant à l’année, des yeux noirs et malicieux, et un sourire jusqu’aux oreilles, il s’avance vers nous pour se présenter. Enfin, il s’avance surtout vers moi et ne me quitte pas des yeux. Il me tend la main et me demande mon prénom. « Maya». Il sourit encore plus et le répète en boucle, de son accent mal assuré, sans me lâcher ni la main, ni du regard. Malaise. J’essaie de faire diversion. Je lui présente mes amies, lui parle de la météo, de la beauté de l’eau… Ah ! Ca y est, il revient à lui. Après l’installation, nous décidons de louer des vélos et partons visiter l’île. Juste avant de partir Wiro me glisse à l’oreille «Come tonight, I’ll play guitar »*.

Mais dans la journée, un orage éclate. Wiro et sa guitare, ça ne sera pas pour ce soir. Déception.

Trempée jusqu’aux os, dans un état lamentable, je dépose mon vélo et me dirige vers la chambre. Il est là, derrière le bar, à discuter avec des clients. Le voir si sérieux… il ne m’en faut pas plus, je fonds littéralement. Tandis que mes amies se couchent, je décide de retourner au bar. Wiro est encore là. Dans le noir, il termine de ranger les quelques trucs qui traînent. Je lui demande si je peux rester. « You’re ok if I stay with you ? » questionne-t-il à son tour**. Jubilation. Il s’installe à côté de moi et me prend la main. Tandis que nous échangeons quelques futilités sur nos vies respectives, il se fait de plus en plus entreprenant. Il me caresse la main, m’embrasse dans le cou, me mord l’oreille. Plus je sens son souffle sur ma peau, plus mon moi intérieur ramolli comme un chamallow. Putain que c’est agréable !

Nos lèvres finissent par se rencontre, la pluie dehors reprend de plus belle. Je me croirais presque dans un film. Trop beau pour être vrai ! Tout y est : un décor paradisiaque, une mer agitée, la pluie et l’inconnu, plus sexy que jamais. Les dieux me bénissent ! Quelques questions fusent dans ma tête, mais je les fais taire rapidement. Nous courons jusqu’à sa minuscule chambre, il se débarrasse de ses vêtements trempés. Mon chamallow intérieur qui n’a pas fondu sous la pluie ne fait pas long feu en le voyant se dévêtir. Il revient vers moi, attrape ma serviette tout en m’embrassant tandis que je retire ce qu’il me reste de vêtements. Nous nous allongeons sur le matelas et entamons la danse des amants d’une nuit. C’est, sans nul doute, le meilleur coup que j’ai pu connaitre jusqu’à présent, (non pas que j’en ai connu des masses non plus, restons honnêtes). Un homme qui s’intéresse aussi bien à ton plaisir qu’au sien, ça existE.

Mon ex, par exemple, trop occupé à penser à sa propre ex, avait presque oublié que j’étais davantage qu’un corps. Avec Wiro, j’étais une priorité. Dans ses bras je suis devenue une princesse. Il aime mes formes, que j’ai en horreur, me l’a fait comprendre. J’ai le sentiment que chaque parcelle de mon corps est une partie de plus à aimer. Nous sommes restés un long moment entrelacés, jusqu’à ce que le jour pointe le bout de son nez. Avant de quitter sa chambre je remarque qu’un joli petit « bleu » trône fièrement sur ma poitrine. Je le regarde étonnée et l’interroge. Il me répond en souriant, les yeux brillants de malice, « memories ». Ah ça, je ne risque pas de t’oublier, non ! Dans la journée, nous avons repris la route, mes amies et moi, vers de nouvelles aventures.

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