Les chroniques des invités

Chronique : merci pour cet été pourri

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Tout a commencé au début du mois de mai. La chaleur, les beaux paysages, les pieds dans le sable, les mojitos en terrasse, les photos sur Facebook.

Ce n’est que le début du drame. Je traîne en pyjama sur Snapchat et Instagram tandis que mes amis sont au paradis ou sur le point de s’y rendre. Mais pour moi, les week-ends de dernière minute sont hors budget. « On va se baigner au lac ? » Bah non. En fait, non.

#BikiniBodyBashing

Ça continue. Comme pour me narguer, les premières bouées flamand rose dans lesquelles se prélassent d’heureux vacanciers font leur apparition dans des piscines ondoyantes. Les très douteuses claquettes-chaussettes en font de même. Dans des dossiers inédits, les magazines féminins nous balancent leurs conseils pour perdre trois kilos en trois heures, afin d’avoir un beach body ready. Quand Simone Veil décède au crépuscule du mois de juin, le temps s’arrête et les futilités sont reléguées au second plan. Mais le même magazine qui lui consacre un article élogieux, publie quelques temps après une série de conseils pour éliminer « le fameux ‘bourrelet’ sous les fesses ». Retour à la réalité. Les militants du body positive hurlent, mais il y a moins de monde pour les entendre, au mois d’août.

Une entreprise invente des paillettes pour le vagin, une autre le maquillage pour la vulve. Sans compter le savon au cannabis pour foufoune. En phase de m’écœurer, Despacito passe en boucle sur toutes les radios (plus de 3 milliards de vues sur Youtube).  L’été est vraiment chelou.

via GIPHY

Manspreading

Le métro parisien est vide et pourtant les accidents et pannes sont fréquents. Les hommes (pas tous !) profitent du beau temps pour écarter les cuisses dans les transports en commun. « Tu ne te rends pas compte, nous, on transpire des couilles. » Moi, je transpire sous les seins, mes cuisses frottent sous mes jupes, mes baskets me font de cloques et j’en fais pas des caisses. Le matin, je suis presque ravie de rejoindre au bureau pour apprécier la clim’. Et la combinaison du chaud/froid fait qu’en plein mois d’août, je chope un rhume carabiné. Je ne suis toujours pas guérie. Les médecins, eux aussi, sont en vacances. Il ne manque plus que les collègues et amis rentrent pour raconter leurs périples… Le pompon !

Bref, merci pour cet été pourri.

Judith BOUCHOUCHA

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