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Cam Clash : « C’est pas interdit de regarder les femmes, surtout quand elles sont habillées comme vous. »

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Chantons les louanges de Cam Clash, qui dans sa dernière caméra cachée dénonce le harcèlement dans les transports en commun.

L’initiative est simple: une jeune femme vêtue d’une jupe et d’un décolleté est harcelée par un homme qui passe son trajet à la regarder, approchant de temps à autre son pied, se caressant le genou parfois. Les deux sont des acteurs.

La caméra guette la réaction des gens présents dans le métro, qui ne se fait pas attendre. Alors que l’on pourrait s’attendre à un silence de plomb, hommes et femmes prennent la défense de la victime dans la majorité des scènes représentées. Bon, on est très loin de la révolte collective, (dommage !) mais cette expérience est rassurante et laisse entendre que beaucoup d’usagers des transports en commun ne sont pas prêts à laisser ce genre d’agissement se faire en toute impunité.

Cette vidéo dénonce en réalité plusieurs comportements : celui des agresseurs, tout d’abord. Celui des complices, ces personnes qui se taisent. Mais aussi celui des individus convaincus qu’une femme a provoqué son agression par son comportement. Ca s’appelle la culture du viol.

Rappelons que ce genre de scène n’est pas anecdotique, de nombreuses femmes ayant déjà expérimenté ce type d’agissement. C’est ce que rappelle Les Intelloes dans cet article sur le harcèlement dans les transports. En 2015, Un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes soulignait que 100% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexiste ou d’agression sexuelle dans les transports en commun.

Ann-Laure Bourgeois 

 

7 Comments

  1. Julien

    10 mars 2017 at 13 h 18 min

    Je trouve assez grave de considérer « ces personnes qui se taisent » comme des complices. Vous les faites devenir co-auteur d’un crime alors qu’ils ne l’ont pas initié. Un peu d’empathie est indispensable pour comprendre qu’un passager lambda du métro peut avoir peur de réagir, se sentir impuissant, menacé à son tour ou tout simplement paralysé car non habitué à gérer une situation de crise pour laquelle il n’est pas préparé.
    Dans ce cas, une victime qui n’oserait pas se défendre par des mots ou par une réaction physique deviendrait elle-même « complice » du crime dont elle est victime puisqu’elle n’aurait pas réussi, par peur ou par impuissance, à répondre à son agresseur.
    On ne peut pas demander à des passagers du métro d’être des supermans en puissance. En aucun cas, il n’est légitime, pertinent ou juste de les considérer comme de potentiels complices.

  2. Ann-Laure

    13 mars 2017 at 19 h 46 min

    Bonjour Julien,

    Merci pour votre commentaire.
    J’entends bien ce que vous dites.

    J’ai une question : doit-on considérer qu’une personne qui intervient dans ce cas est un superhéros ou une superhéroïne? Est-ce vraiment un acte extraordinaire? (simplement demander à la victime si elle va bien, entamer une discussion avec elle pour éloigner l’agresseur ou bien lui demander si elle a besoin d’aide peut déjà aider, qu’en pensez-vous?).

    D’autre part, nous n’inventons rien. Etre témoin d’une agression ou d’un crime (un viol, par exemple) et ne pas apporter d’aide à la victime, c’est se rendre complice (et là, c’est la loi qui le dit). Ca ne va pas jusque-là dans la vidéo, bien entendu. Mais dans la vie réelle, ça pourrait être le cas.

    De plus, une victime ne peut en aucun cas devenir complice de son agression !

    A bientôt

    • Marie

      16 octobre 2017 at 9 h 01 min

      Bonjour Julien,
      En un sens, je comprend ce que vous dîtes. Pour autant, il est majeur d’avoir des mots si tranchés. Dans les années 1970 ou 1980 je ne sais plus, un fait divers a marqué : une femme a été violée puis tuée dans le métro. Des gens l’entouraient tout au long du voyage. Personne n’a rien dit, tout le monde est descendu, au fur et à mesure. Ces gens ont peut être eu peur, ils n’ont pas osé, ils ont eu toutes les excuses que vous avez donné. Le résultat,c ‘est quoi? Une femme qui s’est retrouvée entièrement seule face à son agresseur et qui a trouvé la mort. Tous ces passagers sont complices et je ne peux pas imaginer qu’ils aient cette histoire sur leur conscience encore aujourd’hui.
      Même si vous avez peur, il faut être solidaire, dénoncer, protéger, soutenir. Cette femme, cette fille qui se fait harceler ou agresser, ce peut être votre fille, votre compagne, votre soeur, votre mère. Rappelons que 100% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexiste ou d’agression sexuelle dans les transports en commun (c’est marqué dans le texte).
      Et oui, merci, merci à l’homme qui défend les femmes dans la dernière séquence…

  3. Sophie

    23 mars 2017 at 21 h 51 min

    Bonjour,

    Je demande à l’homme qui défend la jeune femme dans la dernière séquence de venir m’épouser très vite.

    Bien cordialement,

    Sophie

    • Ann-Laure Bourgeois

      13 avril 2017 at 12 h 55 min

      Impossible, je veux déjà lui demander sa main!

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