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A la rencontre des femmes oubliées

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AGENDA – La journaliste Eloïse Bouton et le photographe Erwan Balanant ont suivi pendant plusieurs mois les maraudes organisées par l’Association pour le Développement de la Santé des Femmes (ADSF). Ces expéditions, souvent de nuit dans des bidonvilles ou des hôtels sociaux, sont destinées à apporter écoute et accès aux soins aux femmes les plus vulnérables. Une exposition à voir jusqu’à dimanche 19h à la Villa des Arts à Paris.

Femmes invisibles

Femmes âgées, jeunes mères, adolescentes ou fillettes, elles font partie d’un monde à part que l’on peine à envisager, parfois même à regarder en face. Des bidonvilles installés sous le pont du métro à Saint-Denis aux chambres étroites des hôtels sociaux de régions parisiennes, que savons-nous des difficultés qu’elles rencontrent ? Logement, santé, sexualité, isolement, quelle réalité se cache derrière les vitres embuées de leur baraque en tôle, ou à l’abri plus confortable mais non moins fragile d’une chambres d’hôtel à durée indéterminée ?
L’ADSF a choisi d’agir « et décide d’aller à la rencontre de ces femmes pour les aider, les écouter, les orienter et leur permettre de recourir à leur droit « , notamment en terme de santé. Cette exposition en est le témoignage, en mots et en images. Nécessaire et remarquable.

 Un suivi compliqué mais indispensable

L’ADSF existe depuis 2001. L’équipe de bénévoles, essentiellement composée de femmes (à notre connaissance, seul un homme, un gynécologue, fait partie des professionnels de santé de terrain), apporte un réel soutien aux femmes en grande précarité. En 2016, l’association a suivi plus de 400 femmes vivant dans les bidonvilles, les hôtels sociaux, les squats ou encore dans la rue dans 9 villes d’Île-de-France.

Les maraudes sont organisées deux fois par semaine afin de permettre un véritable suivi. De vrais liens aussi. Car regards et sourires se répondent et ne mentent pas, c’est évident. Au fil des photos, malgré la nuit noire et les barbelés ou bravant la froideur glaciale d’une chambre éclairée au néons, on distingue des visages apaisés, complices et même rieurs. Comme des instantanés de confiance mutuelle en fait, empreints d’une solidarité d’autant plus frappante qu’elle est ici muette et figée dans le temps.

Les textes d’Éloïse Bouton sont dénués de misérabilisme. Bien au-delà du simple contexte, ils permettent d’accéder à l’invisible, nous immergeant encore un peu plus au cœur de cette réalité qu’on nous donne ici à voir et à ressentir.

Dans ces brefs instants capturés par Erwan Balanant il semblerait que ces « femmes oubliées » ne le soient plus. Deux fois par semaine et tout flash disparu, les « femmes aux gilets jaunes » continueront quoi qu’il arrive à le leur prouver.

La précarité des femmes : un sujet qui mérite d’être abordé

On ne le sait pas forcément : les femmes sont les premières touchées par la précarité. Selon un rapport de 2013 du Conseil Economique et Social, 8,2% d’entres elles vivent sous le seuil de pauvreté en France tandis que 7,7% des hommes sont concernés. Aujourd’hui plus de deux SDF sur cinq sont des femmes. Leur proportion n’a cessé d’augmenter au fil des années passant de 17% de femmes parmi les sans-abris en 1999 à 25% en 2004. En 2013, elles représentaient 38%.

Cette exposition entièrement gratuite est à voir absolument. Encore faut-il avoir à cœur de ne pas fermer les yeux sur le monde qui nous entoure.

Pour plus de détails et d’infos sur l’ensemble des actions de l’ADSF, rendez-vous sur www.adsfasso.org

 

Exposition du lundi 12 au dimanche 18 juin 2017

GRATUIT

Lundi – Dimanche de 14h à 19h et sur rdv au 06 46 43 23 64

Mail :  contact@adsfasso.org

Galerie La Ville A des Arts, 15 rue Hégésippe Moreau, 75018 Paris

Métro : Place de Clichy, La Fourche

Bus : 30, 54, 68, 74, 80, 81, 95

2 Comments

  1. wilder françoise

    30 juin 2017 at 20 h 52 min

    C’est bien. Les femmes de la rue sont moins visibles que ne le sont les hommes. Peut-être sont-elles plus discrètes. Vous faites bien de donner les coordonnées de
    l’expo. Ces photos ainsi que les commentaires qui les accompagnent nous font regarder ce que nous ne voyons pas.

  2. wilder françoise

    30 juin 2017 at 20 h 56 min

    Il me semble que viens de vous adresser un message. Oui? non?

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